Extrait de publication produit par le Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie et en environnement aquatique (GRIL), qui explique le phénomène des algues bleu vertes à l’automne :

 

 Les lacs influencés par l’activité humaine possèdent de grandes quantités de phosphore accumulées dans leurs sédiments de fond. Le phosphore qui atteint les lacs peut s’accrocher à des particules et descendre vers le fond. Le phosphore demeurera emprisonné dans les sédiments, à moins que des conditions particulières favorisent sa libération. Dans un lac dépourvu d’oxygène en profondeur, le phosphore peut être remobilisé vers la colonne d’eau. Sous nos latitudes, dans les lacs peu profonds, ce phénomène se produit naturellement tous les étés depuis des milliers d’années. Par contre, d’autres lacs qui avaient l’habitude d’être bien oxygénés toute l’année, commencent à vivre ce phénomène plus souvent : le lac devient de plus en plus productif à cause des apports d’éléments nutritifs, de matières organiques et de sédiments, et les organismes utilisent tout l’oxygène disponible. L’être humain est habituellement le principal responsable de ce changement. Cela signifie que, même une fois les sources de phosphore contrôlées, il demeure possible que le lac se fournisse lui-même du phosphore pour plusieurs années ! À l’automne, les eaux profondes se mélangent naturellement aux eaux de surface et rendent le phosphore des couches d’eaux inférieures disponible pour toutes les algues et cyanobactéries. Ce phénomène pourrait contribuer à l’apparition fréquente de fleurs d’eau de cyanobactéries à cette époque de l’année.

 

 

 

GRIL, 2007. Les cyanobactéries dans les lacs québécois : Un portrait de la situation selon les chercheurs du GRIL. Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie et en environnement aquatique, 28 juin 2007, 10 p; révisé en avril 2008.